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| Jean Charest |
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Élections Québec 2003: JEAN
CHAREST RENTRE HAUT LA MAIN
Borislav Nikolov
Le Parti libéral du Québec
a remporté une victoire écrasante le 14 avril dernier
dans un balayage sans précédent. Après 9 ans
de pouvoir, le Parti Québécois a du quitter les avants
de la scène politique et se contenter du triste rôle
d'opposition. Quant à l'Action démocratique du Québec,
il est resté avec quatre députés en Chambre,
dont le chef du parti.
Depuis, la girouette s'est mise à tourner à rythme
fou, et tout récemment, le 29 avril, Jean Charest a assermenté
un Conseil de 25 ministres, contre 36 lors du précédent
gouvernement. Les québécois attendent du changement
de ce nouveau gouvernement et le Premier ministre a tout fait pour
satisfaire cette demande, qualifiant lui-même son équipe
comme celle du changement. Les Québécois ont tourné
la page sur un modèle d'État, soit paternaliste et
protecteur, pour choisir un autre, décentralisé, moins
encombrant et surtout plus efficace.
Un tiers des ministres viennent de la grande région de Montréal,
s'y démarquent les poids lourds, soit Yves Séguin,
ministre des finances et député d'Outremont, Philippe
Couillard, ministre de la Santé et député de
Mont-Royal, et Pierre Reid, ministre de l'Éducation. Le rapport
de l'ex-vérificateur général, M. Guy Bretton,
vient de nous informer que le précédent gouvernement
a laissé un déficit de plus de 4 milliards dans les
finances publiquesq, ou, plus précisement, dans ses prévisions
budgétaires. Quel en sera l'impact sur la réduction
des impôts à laquelle M. Séguin veut se livrer,
ou au renforcement du réseau de la santé que l'on
attend de la part de Philippe Couillard? Difficile de se prononcer
sans entrer dans des spéculations, mais une chose semble
sûre; le nouveau Gouvernement fera tout pour ne pas replonger
dans le déficit.
Deux autres défis importants; la réduction de la taille
de l'État, qui sera confiée à Monique-Jérôme
Forgette, et le dossier des déffusions municipales qu'aura
à gérer Jean-Marc Fournier. En ce qui concerne la
taille de l'État, lors du débat des chefs pendant
la campagne électorale, M. Charest a clairement indiqué
que la retraite de nombreux fonctionnaires ne serait pas suivie
d'embauche massive. Quant aux déffusions, un vent souffle
aujourd'hui sur le Québec qui veut que les citoyens renoncent
eux-mêmes à ces déffusions, même si une
loi-cadre sera rapidement instaurée afin d eleur permetter
de les faire.
Le grand gagnant dans tout cela: M. Jean Charest qui a travaillé
pendant cinq ans pour s'imposer, au sein de son propre parti d'abord,
auprès des électeurs ensuite. Aujourd'hui il ne doit
rien à personne, comme le laisse entrevoir l'absence de son
cabinet de Pierre Paradis, vieux routier libéral que tout
le monde considérait incontournable dans un Conseil des ministres.
Christos Siros et Fatima Houda-Pépin tous les deux identifiés
à un sérieux travail avec les communautés culturelles,
brillent aussi par leur absence. Définitivement, rien ne
sera plus comme avant, mais mieux, on l'espère. Dans ce sens,
le mandat de Monsieur Charest sera très intéressant. |